Il existe, dans le cimetière de Robermont, un grand monument dénommé « Mémorial Albert 1er » et érigé par la ville de Liège à la mémoire des soldats belges et des civils morts pour la patrie durant la Grande Guerre.
Morts pour la Patrie .... Chantal Mezen désire attirer l'attention du Bourgmestre de Liège sur le respect que nous devons à ceux qui, voici presque 100 ans, sont morts pour une idée, un rêve, la liberté.
Ils avaient compris cela, les membres du Conseil communal de Liège, qui, en séance du 21 novembre 1919, décident la construction d’un monument « destiné à commémorer le souvenir des soldats morts pour le pays et inhumés dans cette nécropole », ainsi que la création d’une commission qui aura pour mis-sion de lancer l’organisation d’un concours.
Il en résulte donc qu’incontestablement, le monument a été érigé par la Ville de Liège, sur un terrain lui appartenant et qu’elle en est donc pleinement propriétaire.
Les lauréats de ce concours furent l’architecte Victor Rogister et le sculpteur Oscar Berchmans. Ce monument fut inauguré en grandes pompes le 24/10/1924, en présence du Roi Albert 1er.
Autour de ce monument, des parcelles d’inhumation furent organisées, réservées aux militaires, belges bien sûr mais aussi étrangers puisque des soldats français, italiens, serbes y reposent, ainsi que ceux issus des pays du Commonwealth britannique.
Par la suite, le champ d’honneur a également accueilli d’autres militaires, belges exclusivement, ayant combattu dans l’une des deux guerres, quelles que soient la cause et la date de leur décès.
Des décennies ont passé, pendant lesquelles, selon l’expression consa-crée, le temps a fait son œuvre. Ce symbole majestueux s’est dégradé, jour après jour. Les joints se sont vidés et, petit à petit, les blocs se sont descellés. Au point que déjà en 1997, les autorités communales ont pris conscience du danger poten-tiel que cette situation pouvait engendrer.
Sous le maïorat de Jean-Maurice Dehousse, un devis a été dressé pour la remise en état de l’ensemble du monument et le montant de ce devis atteignait la somme de 12 Mi de FB, tout compris. Durant chacune des trois années qui ont suivi, cette somme a été introduite au budget et refusée à chaque fois.
En 2001, ce devis a été réactualisé car, en 4 ans, la stabilité de la construction s’était encore dégradée. Trois possibilités d’intervention ont été présentées au Collège :
1. Démontage de la tour centrale jusqu’au niveau des deux ailes et entreposage des pierres sur le parvis. Coût : 2,8 Mi FB, hors TVA
2. Démontage de la tour centrale jusqu’au niveau du soubassement et remontage de l’ensemble. Coût : 8,8 Mi FB, hors TVA
3. Restauration complète, démontage et remontage de la tour et des deux ailes. Coût 15,7 Mi FB, hors TVA
C’est la première option, présentée comme indispensable à la sécurité, qui a été retenue par la Ville et exécutée en 2003. Tous les blocs de la tour centrale ont été démontés, numérotés et entreposés sur le parvis du monument.
Depuis, rien n’a bougé, comme si la Ville avait oublié jusqu’à l’existence de ce monument, avec les blocs entreposés sur le devant, comme au jour où ils ont été démontés.
Voilà le triste constat de notre Conseillère Communal, Chantal Mezen : les pierres gardaient le souvenir de ces courageux ... mais aujourd’hui, les commémorations se font devant un tas de ruines dont un jour ou l’autre, on devra se débarrasser, faute d’endroit où les entreposer, à moins qu’elles n’aient été volées avant.
N'abandonnons pas ce témoin vivant des combats pour la démocratie. Si nous sommes là aujourd’hui, capables de disserter sans limite sur tout sujet, de s’interroger même sur l’avenir de notre Etat et de ses composantes, c’est parce que, deux fois en un siècle, des hommes et des femmes ont estime que cette liberté valait bien que l’on verse son sang pour elle.
N’oublions pas ces morts qui ont fait de nous des citoyens libres. Cela vaut bien quelques centaines de milliers d’euros pour rendre vie à ce monument.
A suivre ... Réponse lors du Conseil Communal de ce lundi 25 octobre 2010 ...